Intervention de Jean Delstanche lors de l'AG de la RFCB du 22/02/17 sur la problématique du règlement doping.

 

AVANT-PROPOS

 

11 des 20 mandataires nationaux dont 3 wallons avaient  demandé que soient abordés plusieurs  points sensibles et plus particulièrement la délocalisation en Afrique du Sud, non seulement  des analyses doping mais aussi de l’informatique administrative à laquelle vient s’ajouter dès 2017 ’établissement des résultats de tous les concours nationaux.

Pour ce dernier point, les 2 EPR wallonnes avaient aussi fait parvenir un courrier faisant part de leur désaccord.

Lors de la répartition des interventions entre les 11 mandataires signataires, j’avais été chargé d’examiner et d’évoquer la problématique de la règlementation sur le dopage.

Vu les nombreux appels téléphoniques reçus depuis l’Assemblée générale, j’ai décidé de porter à la connaissance de chacun l’intégralité de mon intervention pour laquelle j’avais été mandaté . Vous la trouvez donc maintenant.

 

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Monsieur le président,

 

Votre règlement doping adopté en février 2016 et son application se sont révélés être un  échec total.

Le sentiment général est que le conseil d’administration et gérance est dépassé par la tournure des évènements.

Que dire en effet des propositions de condamnation à l’encontre de certains colombophiles alors que d’autres sont blanchis, des révisions de certaines peines et suspensions sans en référer dans ce cas à ’assemblée générale pourtant seule compétente et j’en passe.

 

Les mises en garde énoncées par 5 mandataires dont 4 wallons qui n’avaient  pas émis un vote favorable en février dernier se sont révélées bien fondées .

Il s’avère en effet que :

 

1.       la liste des substances interdites reprises dans votre règlement est contestée;    elle doit être révisée et ne comprendre que des substances qui ,sur base de données    scientifiques, influencent manifestement les performances;

2.       des seuils doivent être fixés pour les substances interdites et ils doivent être connus de  tous,  comme c’est le cas dans le règlement doping des chevaux que vous avez pourtant   copié en grande partie, et pas seulement par quelques privilégiés;

3.       il  faut revoir la composition de la commission scientifique;    en effet ,il n’est pas normal que certains de ses membres soient liés directement de par leur  profession au monde colombophile.

 

J’en profite pour dire que nous ne pouvons donc accepter votre proposition de modification  de l'article 10 qui vous offrirait la possibilité  d’augmenter le nombre de représentants de la  commission scientifique, d’autant quand on verra ce qu’elle nous coute;

Ce qu’il faut ,c’est 4 véritables experts; cela signifie aussi que ça ne doit pas être exclusivement  réservé à des vétérinaires comme c’est le cas maintenant.

Je tiens à rappeler au passage, que 4 des 5 mandataires francophones avaient notamment pour cette raison émis des objections concernant la représentation francophone de la commission scientifique dopage.

Une Commission scientifique compétente et indépendante pourrait alors statuer  sur  les cas présumés de dopage.

De tout cela ,nous vous avions pourtant averti en février dernier, comme du fait qu’il faudrait tenir compte que cette matière est devenue régionale et que du coté wallon, ce n’est plus  la RFCB mais  bien l’AWC maintenant officiellement reconnue par le ministre qui est   désormais compétente  pour le bien-être animal, y compris aussi pour le doping;

l’AWC collaborera pleinement avec son ministre de tutelle et ne suivra que ses seules recommandations en matière de dopage.

 

ET J’ EN VIENS MAINTENANT A LA QUESTION ESSENTIELLE DU LABORATOIRE

Tout d’abord vous avez voulu nous faire croire que le laboratoire d’Afrique du sud était de loin le plus compétent pour appliquer le règlement.

Vous n’avez effectivement pas menti puisque c’est le seul laboratoire  avec lequel vous avez pris des contacts; vous avez en effet ignoré tous les autres laboratoires qu’ils soient belges ou européens.

Je signale au passage que jamais vous ne nous avez apporté la preuve que ce laboratoire disposait de l’accréditation nécessaire et reconnue par la Belgique pour procéder aux analyses de fientes de pigeons.

 

L’AUTRE ARGUMENT MASSUE que vous avez avancé était celui du coût des analyses avec lequel aucun autre labo n’était capable de rivaliser.

Alors là, j’en suis presque tombé à la renverse après examen des comptes 2015/2016.

Je lis en effet sous les codes” contrôles doping et logistique doping” UNE DEPENSE DE 107.691 euros!! oui vous m’avez bien entendu: 107.691 euros

 

Si on suppose qu’une centaine d’analyses ont été réalisées et il y en a eu moins que cela, on arrive à UNE DEPENSE PAR ECHANTILLON ANALYSE DE QUELQUE 1.100 euros.

 

CECI EST BIEN LOIN DES 350 EUROS PAR ANALYSE QUE VOUS PRETENDEZ PAYER AU LABO D’AFRIQUE DU SUD.

ET CECI SANS TENIR COMPTE DES HONORAIRES  VERSES AUX 4 MEMBRES DE LA COMMISSION SCIENTIFIQUE POUR LE DOPAGE QUI POUR L’ANNEE ECOULEE SE SONT ELEVES A 18.332 EUROS.

 

Comme vous omettez toujours d’informer la plupart des mandataires de l’Assemblée générale certains parmi nous ont essayé d’y voir plus clair:

ILS ONT DECOUVERT QU’UN FORFAIT DE 75.000 EUROS, JE REPETE 75.000 EUROS A ETE OCTROYE AU LABORATOIRE AVANT TOUTE ANALYSE ET QUE SI L’ASSEMBLEE GENERALE N’Y MET PAS FIN IL EST PREVU QUE CE MONTANT FORFAITAIRE SERA VERSE CHAQUE ANNEE AU LABO D’AFRIQUE   DU SUD AUQUEL IL CONVIENDRA D’Y AJOUTER LE PRIX DE CHAQUE ECHANTILLON ANALYSE  SOIT LES 350 EUROS QUE VOUS AVEZ TOUJOURS PRESENTE COMME  SEUL COUT EN OMETTANT DE PARLER DES 75.000 EUROS.

 

PAR CONSEQUENT

 

QU’IL SOIT BIEN CLAIR QU’IL N’EST PLUS QUESTION D’ACCEPTER LE REGLEMENT DOPING SOUS SA FORME ACTUELLE ET ENCORE MOINS D’ACCEPTER QUE LES ANALYSES SOIENT REALISEES EN AFRIQUE DU SUD.

 

CE SONT NOS LABORATOIRES BELGES OU DES PAYS  VOISINS QUI DEVRONT REALISER NOS ANALYSES D’AUTANT QUE SELON CERTAINS ECHOS LES PROCEDURES DE PAIEMENT VERS L’AFRIQUE DU SUD TRANSITERAIENT PAR UNE SOCIETE IRLANDAISE  AVEC TOUTES LES INTERROGATIONS QUE CELA  SOULEVE.

 

TOUT LE REGLEMENT DOPING DOIT DONC ETRE REVISE.

 

UNE PREUVE SUPPLEMENTAIRE EST D’AILLEURS QUE VOUS N’AVEZ PAS OSE ABORDER LA QUESTION DU DOPING LORS DES OLYMPIADES ALORS QUE VOUS AVIEZ POURTANT ANNONCE FIEREMENT PRECEDEMMENT QUE LE REGLEMENT DOPING BELGE Y SERAIT ADOPTE COMME REGLEMENT DE LA FEDERATION COLOMBOPHILE INTERNATIONALE.

 

EN EFFET, IL EST EVIDENT QUE LES PRINCIPAUX PAYS COLOMBOPHILES NE VEULENT EN AUCUN CAS ADOPTER LE REGLEMENT DOPING BELGE SOUS SA FORME ACTUELLE COMME REGLEMENT INTERNATIONAL.

 

SI DES COLLEGUES  VEULENT NEANMOINS QUE L’ON CONTINUE A APPLIQUER LE REGLEMENT SANS MODIFICATIONS  ET A EFFECTUER LES ANALYSES EN AFRIQUE DU SUD QU’ILS SE MANIFESTENT MAINTENANT.

 

QUELQUES OBSERVATIONS DE MA PART:

les chiffres cités n’ont pas été contestés en assemblée générale.

On a pour la première fois appris qu’il existait bien un forfait de 75.000€ à verser annuellement au laboratoire ,alors que la présidence avait toujours claironné un cout d’analyse fixé à seulement 350 € par échantillon analysé.

Comme on a appris que 81 analyses auraient été réalisées en 2016,on arrive déjà ainsi   à un cout unitaire de 926€ par analyse.

Pour justifier le supplément de dépense de 32.000€(107.000-75.000) Van Bockstaele  a signalé que la RFCB avait aussi payé quelques analyses pour d’autres pays sans plus de précisions; mais on peut supposer que les 5500 € de recettes “frais d’expertise   doping “correspondent au remboursement de ces pays.

Le reste soit ”26500€  dépensés (32.000-5.500) se justifierait par le jeu des calculs TVA! Conforté par les explications reçues d’experts en TVA, Je  suis loin d’être convaincu et continue de penser que s’ajoute au forfait de 75.000€ un cout unitaire d’analyse de 350 € .

Il vous appartient de vous faire votre opinion tout en sachant que, comme pour le reste, le cap actuel sera probablement maintenu, même si c’est faire injure à nos propres universités et à leurs experts scientifiques qui pourraient, s’ils disposaient de ces généreux financements distribués en Afrique du Sud, nous présenter un projet de règlement mieux réfléchi et argumenté.

 

Jean Delstanche